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Le Cancer en Côte d'Ivoire : 20 402 Nouveaux Cas par An, où se Faire Dépister, et ce que l'État Paie Vraiment
Le chiffre circule partout : 20 402 nouveaux cas de cancer par an. Ce qui circule moins, c'est qu'une mammographie coûte 5 000 FCFA dans dix centres du pays, que sept femmes sur dix atteintes d'un cancer du col arrivent trop tard, et que le cancer n'est toujours pas dans le panier de soins de la CMU. Voici l'état des lieux, chiffres officiels à l'appui.

La réponse courte.
- La Côte d'Ivoire enregistre 20 402 nouveaux cas de cancer et 12 710 décès par an (estimation CIRC/OMS, Globocan 2024). Un Ivoirien sur huit développera un cancer avant 75 ans.
- Les trois cancers les plus fréquents sont le sein (4 845 cas), la prostate (2 632) et le col de l'utérus (2 540).
- Il existe 14 sites de mammographie dans le pays. Dix d'entre eux pratiquent un tarif réduit de 5 000 FCFA.
- Le cancer n'est pas couvert par la CMU. Des plaidoyers sont en cours pour l'y intégrer, mais au moment où nous écrivons, ce n'est pas le cas.
- La vaccination contre le HPV est gratuite, pour les filles de 9 ans en routine.
- On en guérit. Au CNRAO, la survie à 5 ans du cancer du sein est passée de 31 % à 63 %, et atteint 85 % en cas de diagnostic précoce.
- Le numéro à retenir, et le seul canal officiel réellement joignable, est le 143.
Octobre est le mois du cancer du sein. C'est le bon moment pour poser les chiffres à plat, parce que l'essentiel de ce qui se joue dans cette maladie se décide avant même le diagnostic : au moment où l'on décide, ou non, d'aller se faire examiner.
Un cancer, c'est quoi exactement
Le corps humain fabrique en permanence de nouvelles cellules pour remplacer celles qui meurent. Cette fabrication obéit à des règles : une cellule se divise quand il le faut, s'arrête quand il le faut, et meurt quand son temps est venu.
Un cancer, c'est ce mécanisme qui se dérègle. Une cellule acquiert une anomalie qui la fait se multiplier sans s'arrêter et sans mourir. Elle forme une masse, une tumeur. Tant que cette masse reste à sa place, on parle de tumeur localisée. Quand des cellules s'en détachent et vont coloniser d'autres organes par le sang ou la lymphe, on parle de métastases — et c'est là que le traitement devient beaucoup plus difficile.
Trois conséquences pratiques découlent de cette mécanique, et elles expliquent tout le reste de cet article.
La première : au début, un cancer ne fait pas mal. Une tumeur de quelques millimètres n'appuie sur rien, ne bloque rien, ne saigne pas. C'est précisément pour cela que le dépistage existe : il cherche la maladie chez quelqu'un qui ne se sent pas malade. Attendre d'avoir mal, c'est attendre que la tumeur soit devenue assez grosse pour gêner un organe.
La deuxième : le temps change tout. Le même cancer du sein, détecté tôt ou détecté tard, ne donne pas les mêmes chances. Ce n'est pas une formule de campagne, ce sont les chiffres du CNRAO que nous détaillons plus bas : 63 % de survie à cinq ans en moyenne, 85 % quand le diagnostic est précoce. L'écart entre les deux, c'est du temps.
La troisième : certains cancers ont une cause identifiée, donc évitable. Le cancer du col de l'utérus est causé dans la quasi-totalité des cas par une infection persistante à papillomavirus humain (HPV), qui se transmet par voie sexuelle. Un vaccin existe. Il est gratuit en Côte d'Ivoire. C'est le seul cancer fréquent contre lequel on peut littéralement vacciner.
Les chiffres, et une précaution que personne ne prend
Voici d'abord la donnée brute, telle que la publie le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence de l'OMS qui fait autorité mondiale en la matière, dans son édition Globocan 2024 pour la Côte d'Ivoire.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nouveaux cas par an | 20 402 |
| Décès par an | 12 710 |
| Taux d'incidence standardisé | 114,02 pour 100 000 |
| Taux de mortalité standardisé | 75,25 pour 100 000 |
| Risque de développer un cancer avant 75 ans | 12,01 % |
| Personnes vivant avec un cancer diagnostiqué depuis moins de 5 ans | 37 794 |
| Population de référence | 31 934 234 |
Ce dernier chiffre mérite qu'on s'y arrête : 12 % de risque avant 75 ans, cela veut dire qu'environ une personne sur huit développera un cancer au cours de sa vie. Ce n'est pas une maladie rare.
Maintenant, la précaution. Elle est importante et nous ne l'avons vue nulle part ailleurs.
Ces 20 402 cas ne sont pas des cas comptés. C'est une estimation. La fiche méthodologique du CIRC l'indique explicitement : l'incidence ivoirienne est calculée à partir des taux observés par le registre des cancers d'Abidjan sur 2018-2022, recalibrés à l'aide des taux de pays voisins — Bénin (Cotonou, Parakou), Mali (Bamako) et Nigeria (Ekiti) — puis appliqués à la population ivoirienne de 2024. La mortalité, elle, est déduite de l'incidence par des ratios de survie.
Cela ne rend pas le chiffre faux. C'est la meilleure estimation disponible, produite par l'institution de référence. Mais cela veut dire que la Côte d'Ivoire ne dispose pas d'un comptage national exhaustif de ses cancers : elle dispose d'un registre à Abidjan, et d'une extrapolation pour le reste. On lit parfois dans la presse que « le registre national des cancers a enregistré 20 402 nouveaux cas en 2024 ». La formulation est inexacte : aucun registre national n'a enregistré ces cas, ils sont estimés.
Pourquoi cela compte pour vous. Parce qu'un pays qui ne compte pas ses malades ne peut pas dimensionner ses machines, ses médecins et ses budgets sur autre chose qu'une approximation. Et parce que le vrai chiffre, s'il existait, serait probablement plus élevé : une partie des cancers des régions éloignées ne sont jamais diagnostiqués, donc jamais comptés.
Les cinq cancers les plus fréquents
| Localisation | Nouveaux cas / an | Part |
|---|---|---|
| Sein | 4 845 | 23,7 % |
| Prostate | 2 632 | 12,9 % |
| Col de l'utérus | 2 540 | 12,4 % |
| Foie | 1 696 | 8,3 % |
| Côlon et rectum | 1 132 | 5,5 % |
À eux seuls, ces cinq cancers représentent près des deux tiers des cas. Et les trois premiers — sein, prostate, col de l'utérus — sont précisément ceux pour lesquels un dépistage existe et fonctionne.
Chez la femme
Sur 11 903 cas annuels chez les femmes :
| Localisation | Nouveaux cas | Part | Décès |
|---|---|---|---|
| Sein | 4 845 | 40,7 % | 2 284 |
| Col de l'utérus | 2 540 | 21,3 % | 1 542 |
| Côlon et rectum | 515 | 4,3 % | — |
| Foie | 456 | 3,8 % | — |
| Ovaire | 393 | 3,3 % | — |
Six cancers féminins sur dix sont un cancer du sein ou du col de l'utérus. Ce sont les deux cancers les mieux dépistables qui existent. C'est toute la logique d'Octobre Rose et de Janvier Sarcelle.
Chez l'homme
Sur 8 499 cas annuels chez les hommes :
| Localisation | Nouveaux cas | Part | Décès |
|---|---|---|---|
| Prostate | 2 632 | 31,0 % | 1 605 |
| Foie | 1 240 | 14,6 % | 1 095 |
| Côlon et rectum | 617 | 7,3 % | — |
| Lymphome non hodgkinien | 476 | 5,6 % | — |
| Estomac | 370 | 4,4 % | — |
Le rapport entre les cas et les décès en dit long. Pour le cancer du foie : 1 240 cas, 1 095 décès. Autrement dit, neuf hommes sur dix qui développent un cancer du foie en meurent. Pour la prostate, le rapport est de 1 605 décès pour 2 632 cas — lourd, mais sans commune mesure.
Un mot de prudence sur une information que l'on croise régulièrement : certains articles affirment que la prostate est « le cancer le plus fréquent en Côte d'Ivoire, avec 20 % des cas ». Globocan dit autre chose : la prostate est le deuxième cancer, à 12,9 %, derrière le sein. Les sources de ce chiffre de 20 % renvoient à des sites non scientifiques. Nous nous en tenons au CIRC.
Le vrai problème ivoirien : on arrive trop tard
C'est ici que se trouve le cœur du sujet, et les données disponibles sont accablantes.
Une étude du projet RECOCI, adossée au registre des cancers d'Abidjan sur la période 2018-2020, a suivi des femmes diagnostiquées d'un cancer du col de l'utérus. Les résultats :
- Plus de 70 % étaient diagnostiquées à un stade avancé. Une évaluation OMS de 2020 donne même 76 %.
- Toutes avaient été diagnostiquées parce qu'elles avaient des symptômes — aucune par un dépistage de routine.
- Seules 9 % avaient déjà fait un dépistage dans leur vie.
- 70 % avaient consulté plus de six mois après les premiers signes.
- 32 % s'étaient d'abord tournées vers un tradipraticien.
- 97 % ne se percevaient pas comme à risque.
Ce dernier chiffre est le plus parlant. Quatre-vingt-dix-sept pour cent de femmes qui ont développé un cancer du col ne se pensaient pas concernées. Il ne s'agit donc pas d'un problème d'imprudence individuelle : il s'agit d'une information qui n'est pas arrivée.
L'âge moyen de survenue du cancer du col, selon le registre d'Abidjan, est de 53 ans, avec des cas observés de 25 à 70 ans.
Le professeur Adoubi Innocent, qui dirige le Programme national de lutte contre le cancer (PNLCa), évalue la fréquentation des sites de dépistage à moins de 50 % des femmes concernées.
Il faut être honnête sur une limite : ces chiffres de diagnostic tardif sont documentés pour le cancer du col uniquement. Nous n'avons trouvé aucune donnée publiée sur la part de diagnostics tardifs toutes localisations confondues. Il serait tentant de généraliser ; nous nous en abstenons.
Octobre Rose 2026 : ce qui est effectivement organisé
Octobre Rose est piloté en Côte d'Ivoire par le Ministère de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture Maladie Universelle, via le PNLCa.
L'édition 2025 avait été lancée le 7 octobre à l'hôtel NOOM d'Abidjan-Plateau par le ministre Pierre N'Gou Dimba, sur le thème « Détecté tôt, le cancer du sein peut se guérir ».
Pour 2026, à la date où nous écrivons, aucun programme national n'a été publié. La seule communication officielle du ministère est un visuel de sensibilisation diffusé le 1er octobre, sans date de lancement, sans lieu et sans calendrier de dépistages. Si vous cherchez « programme Octobre Rose 2026 Côte d'Ivoire » et que vous ne trouvez rien, ce n'est pas vous : il n'y a rien à trouver pour l'instant.
En revanche, plusieurs initiatives sont bien documentées pour ce mois d'octobre 2026.
La COLCC, Coalition des organisations de lutte contre le cancer, a tenu une conférence de presse le 1er octobre à Abidjan-Plateau avec le PNLCa et le laboratoire Roche. Sa présidente, Me Fatou Fadika Coulibaly, annonce 35 à 37 organisations membres. L'annonce principale est l'arrivée d'un mammographe mobile, financé par un partenariat entre l'État et Roche, pour un coût de plus de 280 millions FCFA, destiné aux populations éloignées des centres urbains. C'est, concrètement, la réponse la plus directe au problème de la distance.
Les Rotary Clubs d'Abidjan Cocody, Adjamé et Élite ont lancé le 2 octobre à l'hôtel Tiama la 8e édition de leur Octobre Rose. Au programme : une caravane de sensibilisation à Béoumi, Agnibilékrou et Jacqueville, et une formation d'agents de santé le 29 octobre à Béoumi. Leur bilan cumulé depuis 2019 est substantiel : plus de 200 000 personnes sensibilisées et plus de 30 000 femmes dépistées gratuitement, à Bingerville, Sinfra, Tiébissou, Yakassé-Attobrou, Béttié et Yamoussoukro.
D'autres mobilisations sont recensées : le ministère des Ressources animales et halieutiques a tenu sa 3e journée interne le 2 octobre à Cocody, avec la Dr Traoré Diarra Kady, oncologue et sous-directrice de l'Information médicale du CNRAO ; Niakara a organisé une journée sportive le 3 octobre, avec l'appui du district sanitaire et du préfet Benoît Brou Kouadio.
Le Dr Adoubi profite de ces tribunes pour mettre en garde contre ce qu'il appelle la « cancérophobie » : la peur du mot au point de ne pas aller consulter. C'est une remarque de clinicien, pas de communicant — l'enquête RECOCI montre effectivement des femmes qui attendent six mois avant de franchir la porte d'un hôpital.
Les autres mois du calendrier ivoirien
Octobre Rose n'est pas isolé. Le pays a structuré quatre campagnes annuelles.
| Campagne | Cancer visé | Statut |
|---|---|---|
| Janvier Sarcelle | Col de l'utérus | 1re édition lancée le 21 janvier 2026, avec UNITAID et Expertise France |
| Septembre en Or | Cancers de l'enfant | Édition 2026 tenue |
| Octobre Rose | Sein | Édition annuelle, pilotée par le PNLCa |
| Novembre Bleu | Prostate | Pilotée par le CNRAO |
Si vous êtes un homme de plus de 50 ans et que vous lisez ceci en octobre, Novembre Bleu arrive dans quelques semaines. C'est la campagne qui vous concerne.
Où se faire dépister, et combien ça coûte
Voici l'information la plus utile de cet article, et elle vient directement du ministre de la Santé.
- La Côte d'Ivoire compte 14 sites de mammographie.
- Dix d'entre eux proposent l'examen au tarif réduit de 5 000 FCFA.
- Pendant Octobre Rose 2025, ce tarif avait été exceptionnellement abaissé à 2 000 FCFA. Attention : cette réduction a été annoncée pour 2025. Sa reconduction en 2026 n'est pas confirmée. Posez la question sur place ou au 143 avant de vous déplacer.
- La microbiopsie — le prélèvement qui permet de confirmer un diagnostic — est disponible à Abidjan, Bouaké et Yamoussoukro. Deux centres supplémentaires étaient annoncés à San Pedro et Korhogo.
Une mammographie à 5 000 FCFA, c'est le prix d'un plein de moto. C'est la donnée que cet article existe pour faire circuler.
Et maintenant la limite, qu'il faut dire franchement : la liste nominative des 14 sites n'est publiée nulle part. Ni sur le site du ministère, ni sur celui du PNLCa — dont le domaine, comme ceux du CNRAO, de la CMU et de la CNAM, ne répondait pas lors de nos vérifications. Nous aurions pu reconstituer une liste plausible à partir des hôpitaux connus. Nous ne le ferons pas : envoyer une femme faire 40 kilomètres vers un centre qui ne fait pas de mammographie serait pire que de ne rien écrire.
Le seul canal officiel actionnable est donc le 143, le centre d'appel national de santé. Il héberge depuis octobre 2025 le projet SIRA, une plateforme d'information sur le dépistage précoce soutenue par Roche. C'est le numéro à composer pour demander quel est le site de mammographie le plus proche de chez vous, et quel tarif il pratique en ce moment.
À quel âge, et à quelle fréquence
C'est une question que tout le monde pose et à laquelle la Côte d'Ivoire n'a pas de réponse écrite et publique. Voici ce qui existe.
Cancer du sein. La Dr Dolores Anoh-N'diaye, responsable communication du PNLCa, indique que « la mammographie se fait généralement aux alentours de 45 ans », avec un dépistage par imagerie tous les deux ans. C'est une déclaration de porte-parole, pas un référentiel national publié — nous le signalons parce que la nuance compte si votre médecin vous dit autre chose.
Cancer du col de l'utérus. Deux bornes d'âge coexistent dans les documents officiels, et nous ne trancherons pas entre elles :
- Un dépistage recommandé « pour les femmes de 25 à 49 ans, tous les trois ans » ;
- Le Plan national d'élimination 2025-2030 qui cible, lui, « 55 % des femmes de 30 à 49 ans ».
Dans le doute, la borne basse est la plus prudente.
Cancer de la prostate. Aucune recommandation officielle d'âge ni de fréquence n'a été émise par les autorités ivoiriennes. C'est un manque réel. Le PNLCa a en revanche ouvert en janvier 2026 une formation gratuite à la détection précoce du cancer de la prostate destinée aux médecins généralistes de premier contact d'Abidjan et de Songon — ce qui veut dire, très concrètement, que le généraliste de votre quartier est désormais plus susceptible de savoir quoi faire quand vous lui en parlez.
Les méthodes disponibles pour le col de l'utérus
Trois techniques de dépistage coexistent dans le pays : l'inspection visuelle à l'acide acétique (IVA), le test HPV et le frottis cervico-utérin. Quand une lésion précancéreuse est trouvée, elle se traite par cryothérapie, thermoablation ou résection à l'anse diathermique.
Le point important est que le test HPV et la thermoablation ont été validés sur le terrain ivoirien par le projet pilote SUCCESS, mené avec UNITAID et Expertise France. Le Pr Adoubi le résume ainsi : les tests HPV « sont fiables », et la thermoablation est efficace. Ce ne sont donc pas des techniques expérimentales : elles ont été éprouvées ici.
Les volumes atteints donnent une idée de l'échelle :
| Programme | Femmes dépistées | Période |
|---|---|---|
| Projet SUCCESS (42 structures de santé) | 40 508 | 2021-2023 |
| Médecins du Monde (Abidjan, San-Pedro) | plus de 19 000 | — |
| Projet WICS (OMS) | près de 8 000 | 2025 |
Les tarifs du frottis, du test HPV, de l'IVA et du PSA ne sont publiés par aucune source officielle ivoirienne. Nous ne les inventerons pas. Seul le tarif de la mammographie — 5 000 FCFA dans dix centres — est documenté.
Le dépistage gratuit existe-t-il ?
Pas de manière permanente. Le régime normal est le tarif réduit à 5 000 FCFA pour la mammographie. La gratuité, elle, existe par campagnes ponctuelles, portées par des ONG, des clubs services, des conseils régionaux et des mutuelles.
Quelques exemples vérifiés de ces derniers mois : une centaine de femmes dépistées gratuitement à Kouadiotèkro en août 2026, dont trois cas suspects référés à l'hôpital de Dimbokro ; une campagne de l'UFFASEDOS dans le Moronou, lancée au centre de santé urbain d'Ellinzué ; une campagne gratuite de dépistage du cancer colorectal pour 1 000 personnes à Abidjan en avril 2026.
La conséquence pratique : si vous attendez une campagne gratuite, vous attendez peut-être longtemps et vous dépendez du hasard. Cinq mille francs tout de suite valent mieux qu'une gratuité hypothétique dans six mois.
La vaccination HPV, la seule arme vraiment préventive
Le cancer du col de l'utérus est le seul cancer fréquent contre lequel on peut vacciner. En Côte d'Ivoire, ce vaccin est gratuit.
Une campagne nationale multi-âge a été lancée le 7 avril 2025 à la mairie d'Abobo par le ministre Pierre Dimba, aux côtés de Kandia Camara. Elle visait plus de 3 millions de jeunes filles de 9 à 18 ans sur six jours, jusqu'au 13 avril. Les communiqués préfectoraux de l'époque confirmaient la gratuité.
En routine, hors campagne de rattrapage, la cible est les filles de 9 ans.
Deux choses que nous n'avons pas pu établir, et qu'il faut signaler : la date d'introduction du vaccin HPV dans le calendrier vaccinal ivoirien de routine, et la couverture réellement atteinte après la campagne d'avril 2025 — combien de filles ont effectivement été vaccinées sur les 3 millions ciblés. Ce second chiffre serait le véritable indicateur de réussite, et il n'a pas été publié.
Pour une famille, le message opérationnel tient en une phrase : si vous avez une fille de 9 ans ou plus, le vaccin est gratuit, et il se demande au centre de santé.
Les centres qui traitent le cancer
Le CNRAO, pivot du dispositif
Le Centre National d'Oncologie Médicale et de Radiothérapie Alassane Ouattara, à Abidjan-Cocody, est entré en service en 2018. Il est dirigé par le Pr Judith Didi-Kouko Coulibaly.
Pour mesurer ce que son ouverture a changé, il suffit de rappeler l'état antérieur : il y a un peu plus de huit ans, la Côte d'Ivoire ne disposait d'aucun service public de radiothérapie. Les malades qui en avaient besoin devaient quitter le pays. Ceux qui n'en avaient pas les moyens ne se faisaient pas traiter.
Le centre dispose aujourd'hui d'une plateforme de radiothérapie, de chimiothérapie et de thérapies ciblées. Son modèle de financement — subvention annuelle de l'État complétée par une convention avec Roche — a été présenté en septembre 2026 à la 70e Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique, à Vienne, dans un panel consacré au financement de la médecine par rayonnement. Le CNRAO a par ailleurs tenu en octobre 2025 un premier Forum hospitalier consacré aux soins palliatifs et d'accompagnement, présenté comme une première dans un hôpital public d'Afrique subsaharienne.
Ici aussi, une limite d'information : nous n'avons trouvé ni adresse postale, ni numéro de téléphone, ni capacité d'accueil publiés pour le CNRAO. Le site cnrao.ci ne répond pas, et le centre ne figure pas sur la page « Structures sous tutelle » du ministère, qui n'en liste que huit. Le seul canal de communication officiel identifié est une chaîne WhatsApp relayée par le ministère.
Les autres structures
Le CNROM, Grand-Bassam. Un deuxième Centre National de Radiothérapie et d'Oncologie Médicale est en construction sur 5 hectares. Il est explicitement justifié par la nécessité de réduire le temps d'attente au CNRAO. Le projet prévoit une unité de médecine nucléaire, de l'imagerie, des soins intensifs, un laboratoire, un bloc opératoire, des salles plombées et douze postes de réanimation. Aucune date d'ouverture n'a été annoncée.
L'Institut européen de cancérologie, Bingerville. Établissement privé, lancé en projet en 2019, ouvert en 2024, inauguré le 25 juin 2026 par la Première dame Dominique Ouattara. Il dispose d'un plateau de radiothérapie de dernière génération et a intégré la chimiothérapie en 2026. Capacité prévisionnelle annoncée : 1 800 patients par an. L'établissement annonce des « traitements à coûts réduits » et des programmes de soutien aux patients vulnérables — sans publier de tarifs, ce qui limite la portée de l'annonce. Un partenariat avec l'Hôpital Mère-Enfant Dominique Ouattara de Bingerville élargit l'accès gratuit à la radiothérapie pour les enfants ; l'HME prend déjà en charge gratuitement près de 90 % des cancers pédiatriques qu'il reçoit.
Les CHU. Treichville et Bouaké disposent de services spécialisés. Le CHU de Treichville héberge une unité d'oncologie pédiatrique, et son service d'anatomopathologie — celui qui analyse les prélèvements et pose le diagnostic — a reçu en septembre 2026 pour 120 millions FCFA d'équipements de diagnostic, via le PNLCa, Roche, l'OMS et le projet WICS. Le CHU de Cocody a bénéficié d'un don d'équipements d'AstraZeneca. Un système de navigation des patients, destiné à réduire les abandons de traitement en guidant les malades dans leur parcours, a été lancé en septembre 2026 et doit être déployé aux CHU de Cocody et d'Angré.
Et hors d'Abidjan ?
La réponse honnête est : un peu, mais pas assez.
| Ville | Ce qui existe |
|---|---|
| Abidjan | CNRAO (radiothérapie publique), CHU Treichville, CHU Cocody, CHU Angré |
| Bingerville | Institut européen de cancérologie (privé), Hôpital Mère-Enfant |
| Bouaké | CHU avec service d'oncologie, microbiopsie |
| Yamoussoukro | Microbiopsie |
| Grand-Bassam | CNROM en construction |
| San Pedro, Korhogo | Microbiopsie annoncée |
La radiothérapie publique reste concentrée à Abidjan. Pour un malade du Nord, cela signifie un déménagement, ou des allers-retours répétés sur des semaines de traitement. L'enquête RECOCI documentait déjà le cas d'une patiente de trente ans vivant dans le Nord, dont l'accès aux soins spécialisés était « limité ». C'est aussi ce que le mammographe mobile annoncé par la COLCC cherche à corriger, du moins pour le dépistage.
Les délais d'attente ne sont chiffrés nulle part. Aucune durée moyenne n'est publiée, ni pour obtenir une consultation, ni pour commencer une radiothérapie, ni pour recevoir un résultat d'anatomopathologie. On ne dispose que d'indices indirects : le CNROM est justifié par la réduction du temps d'attente, le système de navigation par la lutte contre les abandons. Dans l'enquête de 2023, une patiente rapporte deux semaines d'attente pour un résultat de biopsie — mais c'est un cas, pas une statistique.
Ce que l'État prend en charge, et ce qu'il ne prend pas
C'est la section la plus importante de cet article pour qui doit budgéter des soins, et la nouvelle n'est pas bonne.
Le cancer n'est pas dans le panier de soins de la CMU.
Ce n'est pas une déduction de notre part. Le Dr Adouéni Katché Valéry, directeur coordonnateur du Programme national de prévention des maladies non transmissibles, déclarait le 30 septembre 2026 se féliciter de l'intégration de l'hypertension artérielle et du diabète dans le panier de soins de la CMU, avant d'annoncer que « des plaidoyers sont en cours pour intégrer d'autres pathologies, notamment le cancer, la drépanocytose et l'hémophilie ».
Un plaidoyer en cours, c'est l'inverse d'une couverture acquise.
Il faut être précis sur un point qui prête à confusion. Le ministère a bien communiqué sur un taux de prise en charge de 70 % — mais ce taux concerne les consultations et examens liés au diabète et à l'hypertension non compliqués, pas le cancer. Ne transposez pas ce chiffre à une chimiothérapie : il ne s'y applique pas.
Ce qui est en revanche gratuit, de manière établie :
- La vaccination HPV. C'est la seule gratuité clairement documentée et généralisée.
- La radiothérapie pédiatrique, via le partenariat entre l'Institut européen de cancérologie et l'Hôpital Mère-Enfant de Bingerville. L'HME prend déjà gratuitement en charge près de 90 % des cancers pédiatriques qu'il reçoit.
Pour les adultes, il n'existe aucune gratuité générale des actes de dépistage ou de traitement. Le CNRAO communique sur des « mécanismes d'accompagnement social » et des « facilités de paiement ». Ce sont des aménagements, pas une prise en charge.
Ce que cela coûte réellement : un témoignage
Un seul parcours de soins chiffré est publiquement documenté, et il mérite d'être cité tel quel. K. Emilienne, 41 ans, de Grand-Bassam, diagnostiquée d'un cancer du col en 2021, a suivi 33 séances de radiothérapie et 8 de chimiothérapie. Son témoignage : « Les frais au CNRAO sont élevés, plus de trois millions pour la radiothérapie et la chimio. Heureusement, le Centre a pris en charge une partie des coûts. »
Elle mentionne également les antalgiques à base de morphine à retirer au CHU de Treichville : 52 000 FCFA la boîte, 13 200 FCFA la plaquette.
Ces chiffres datent de 2023 et concernent un cas individuel. Ce n'est pas un barème. Mais c'est le seul ordre de grandeur publié, et il situe l'enjeu : un traitement complet de cancer se compte en millions de francs, dans un pays où le cancer n'est pas couvert par l'assurance maladie universelle.
Mettez cet ordre de grandeur en regard des 5 000 FCFA d'une mammographie. Le rapport est de un à six cents.
Les financements annoncés
Deux dispositifs sont à suivre, sans qu'aucun ne soit encore opérationnel à notre connaissance.
Le fonds pour les grandes pathologies. Annoncé par le ministre Pierre Dimba le 7 octobre 2025, décrit comme « en discussion au sommet de l'État », il devrait mobiliser 150 milliards FCFA par an pour les cancers et autres maladies graves. L'objectif affiché est de faire du cancer « une maladie chronique qui peut être bien prise en charge ». Aucune suite n'a été publiée depuis.
Le Fonds national de lutte contre les maladies et les urgences épidémiques. Celui-ci a une base juridique : un décret adopté en Conseil des ministres le 5 août 2026 crée cet établissement public national par transformation de l'ancien Fonds national de lutte contre le sida, en étendant explicitement son champ « à d'autres programmes prioritaires, notamment ceux consacrés à la lutte contre la tuberculose, le cancer, les questions de nutrition, ainsi qu'à la santé maternelle et infantile ».
C'est, à ce jour, le texte le plus concret sur le financement public du cancer en Côte d'Ivoire. Il reste à voir ce qu'il produira pour un malade au guichet.
Le plan d'élimination du cancer du col
La Côte d'Ivoire est le premier pays d'Afrique francophone à disposer d'une planification budgétisée pour l'élimination du cancer du col de l'utérus : le PNE-CCU 2025-2030.
Trois piliers : vaccination HPV des jeunes filles, dépistage systématique, prise en charge des lésions précancéreuses et des cancers déclarés. Coût global : plus de 28 milliards FCFA sur cinq ans, à mobiliser auprès de l'État, des partenaires techniques et financiers et du secteur privé.
Les cibles 2030 :
| Objectif | Cible |
|---|---|
| Filles vaccinées contre le HPV | 90 % |
| Femmes de 30 à 49 ans dépistées | 55 % |
| Lésions précancéreuses traitées | 90 % |
Il existe par ailleurs un Plan stratégique national de lutte contre le cancer couvrant la période 2022-2025.
On en guérit, et voici les chiffres
C'est la partie qu'on lit trop rarement, et pourtant c'est celle qui devrait convaincre d'aller se faire dépister.
Le CNRAO a publié en juin 2026, par la voix de sa directrice générale le Pr Judith Didi-Kouko Coulibaly, ses taux de survie à cinq ans.
| Cancer | Survie à 5 ans au CNRAO | Si diagnostic précoce |
|---|---|---|
| Sein | 63 % (contre 31 % au niveau national en 2017) | 85 % |
| Prostate | 72 % (contre 55 % auparavant) | 93 % |
| Col de l'utérus | 61 % | 88 % |
Lisez la colonne de droite. Quatre-vingt-cinq pour cent pour le sein. Quatre-vingt-treize pour cent pour la prostate. Quatre-vingt-huit pour cent pour le col. Ce sont des chances très élevées, et la seule variable qui les commande est le moment du diagnostic.
Deux précautions pour que ces chiffres restent honnêtes. D'abord, ce sont des résultats d'un centre, pas des taux nationaux : ils décrivent ce qui arrive aux patients pris en charge au CNRAO, qui ne sont pas tous les malades du pays. Ensuite, il n'existe aucun taux de survie national publié récemment — le seul repère national est ce 31 % pour le sein en 2017, qui sert ici de point de comparaison.
Cela posé, le passage de 31 % à 63 % sur le cancer du sein représente, en huit ans, un doublement des chances de survie.
Un visage
Les témoignages publiés de guérison sont rares, et c'est dommage. Nous en avons trouvé un, nommé et daté.
Sery Pka, porte-parole des « ambassadeurs de soins » de l'Institut européen de cancérologie, s'exprimait au nom d'anciens patients lors de l'inauguration du 25 juin 2026 : « Aujourd'hui, après avoir achevé mon protocole de soins, je peux témoigner que nous nous sentons bien. Nous sommes guéris. » Et sur la manière dont ils ont été pris en charge : « Ici, nous ne sommes pas simplement des dossiers médicaux. Nous sommes des personnes accompagnées avec respect, dignité et humanisme. »
Il appelle, lui aussi, à recourir davantage au dépistage précoce, estimant que le cancer n'est plus une fatalité lorsqu'il est diagnostiqué et pris en charge à temps.
Les autres témoignages publiés que nous avons pu consulter — K. Emilienne, T. Awa, Elizabeth, recueillis dans l'enquête de 2023 — sont ceux de femmes malades, pas guéries, et racontent surtout la difficulté d'accéder aux soins. L'un d'eux dit beaucoup : « Quand j'ai remarqué que l'eau sortait trop dans mon vagin, je suis partie voir la vieille femme du village parce que je n'avais pas les moyens financiers pour aller à un hôpital. »
Il y a là un angle mort de la communication publique : aucune campagne officielle de portraits de survivantes n'est documentée en Côte d'Ivoire. Dans un pays où 97 % des malades du col ne se pensaient pas concernées, montrer des gens qui s'en sont sortis serait probablement l'outil de sensibilisation le plus efficace qui soit.
Ce que nous n'avons pas pu vérifier
Par souci de transparence, voici les informations que nous avons cherchées et n'avons pas trouvées dans une source officielle. Si vous tombez sur l'une d'elles ailleurs, vérifiez d'où elle vient.
- La liste nominative et les adresses des 14 sites de mammographie. C'est le manque le plus préjudiciable.
- Les tarifs du frottis, du test HPV, de l'IVA et du PSA.
- L'adresse, le téléphone et la capacité d'accueil du CNRAO.
- Le programme officiel d'Octobre Rose 2026 et la reconduction du tarif à 2 000 FCFA.
- Les délais d'attente pour une consultation, une radiothérapie ou un résultat d'analyse.
- Un taux de survie national toutes localisations confondues.
- La part de diagnostics tardifs hors cancer du col.
- Une recommandation officielle d'âge et de fréquence pour le dépistage de la prostate.
- La date d'introduction du vaccin HPV en routine et la couverture vaccinale atteinte après avril 2025.
- Les coordonnées de la COLCC et des associations membres.
- La date d'ouverture du CNROM et les tarifs de l'Institut européen de cancérologie.
Il faut aussi signaler que les sites cmu.ci, cnam.ci, pnlca.ci et cnrao.ci ne répondaient pas lors de nos vérifications. Pour un dispositif qui repose sur l'information du public, c'est un problème en soi.
FAQ : le cancer en Côte d'Ivoire
Combien y a-t-il de cas de cancer par an en Côte d'Ivoire ?
Le CIRC/OMS estime à 20 402 le nombre de nouveaux cas annuels et à 12 710 le nombre de décès, dans son édition Globocan 2024. Ce sont des estimations construites à partir du registre des cancers d'Abidjan, pas un comptage national exhaustif.
Quel est le cancer le plus fréquent en Côte d'Ivoire ?
Le cancer du sein, avec 4 845 nouveaux cas par an, soit 23,7 % de tous les cancers. Viennent ensuite la prostate (2 632 cas) et le col de l'utérus (2 540 cas).
Combien coûte une mammographie en Côte d'Ivoire ?
Le pays compte 14 sites de mammographie, dont dix pratiquent un tarif réduit de 5 000 FCFA. Pendant Octobre Rose 2025, ce tarif avait été abaissé à 2 000 FCFA ; la reconduction de cette réduction en 2026 n'est pas confirmée.
Où se faire dépister du cancer en Côte d'Ivoire ?
La liste officielle des sites de dépistage n'est pas publiée. Le canal à utiliser est le 143, centre d'appel national de santé, qui héberge la plateforme d'information SIRA sur le dépistage précoce. Les CHU de Treichville, Cocody, Angré et Bouaké, ainsi que le CNRAO à Cocody, disposent de services concernés.
Le cancer est-il pris en charge par la CMU ?
Non. Au moment où nous écrivons, le cancer ne figure pas dans le panier de soins de la Couverture Maladie Universelle. Des plaidoyers sont en cours pour l'y intégrer, aux côtés de la drépanocytose et de l'hémophilie. La CMU couvre en revanche le diabète et l'hypertension non compliqués, à hauteur de 70 %.
Le vaccin contre le cancer du col de l'utérus est-il gratuit ?
Oui. La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) est gratuite en Côte d'Ivoire. La cible de routine est constituée des filles de 9 ans. Une campagne de rattrapage menée en avril 2025 visait les filles de 9 à 18 ans.
À quel âge faut-il faire une mammographie en Côte d'Ivoire ?
Le PNLCa indique que la mammographie se pratique « généralement aux alentours de 45 ans », avec une répétition tous les deux ans. Il s'agit d'une déclaration de porte-parole et non d'un référentiel national publié : l'avis de votre médecin prime, notamment en cas d'antécédents familiaux.
À quel âge se faire dépister du cancer du col de l'utérus ?
Deux bornes coexistent dans les documents officiels : un dépistage « de 25 à 49 ans, tous les trois ans », et une cible de 30 à 49 ans dans le Plan national d'élimination 2025-2030. Dans le doute, la borne la plus basse est la plus prudente.
Combien coûte un traitement contre le cancer en Côte d'Ivoire ?
Aucun barème officiel n'est publié. Le seul parcours chiffré publiquement documenté est celui d'une patiente ayant suivi 33 séances de radiothérapie et 8 de chimiothérapie au CNRAO, pour plus de trois millions de francs CFA, une partie ayant été prise en charge par le centre. Ce chiffre date de 2023 et constitue un ordre de grandeur, pas un tarif.
Où se trouve le CNRAO ?
Le Centre National d'Oncologie Médicale et de Radiothérapie Alassane Ouattara est situé à Abidjan-Cocody et fonctionne depuis 2018. Il est dirigé par le Pr Judith Didi-Kouko Coulibaly. Son adresse précise et son numéro de téléphone ne sont pas publiés dans les sources officielles consultées ; passer par le 143 reste le moyen le plus fiable d'obtenir une orientation.
Peut-on guérir du cancer en Côte d'Ivoire ?
Oui. Au CNRAO, la survie à cinq ans atteint 63 % pour le cancer du sein, 72 % pour la prostate et 61 % pour le col de l'utérus. En cas de diagnostic précoce, ces taux montent respectivement à 85 %, 93 % et 88 %.
Y a-t-il de la radiothérapie en dehors d'Abidjan ?
Pas encore dans le public. Un deuxième centre national, le CNROM, est en construction à Grand-Bassam sur 5 hectares, mais sa date d'ouverture n'a pas été annoncée. L'Institut européen de cancérologie de Bingerville, privé, dispose d'un plateau de radiothérapie depuis 2024. Le CHU de Bouaké a un service d'oncologie, et la microbiopsie est disponible à Bouaké et Yamoussoukro.
Quelles sont les campagnes nationales contre le cancer ?
Quatre campagnes rythment l'année : Janvier Sarcelle (col de l'utérus), Septembre en Or (cancers de l'enfant), Octobre Rose (sein) et Novembre Bleu (prostate).
Que faire si je trouve une boule dans mon sein ?
Consulter sans attendre. Une grande partie des boules du sein ne sont pas cancéreuses, mais seul un examen médical peut le déterminer, et le délai est la variable qui compte le plus dans le pronostic. L'enquête RECOCI a montré que 70 % des femmes atteintes d'un cancer du col avaient attendu plus de six mois après les premiers symptômes — c'est précisément ce qu'il faut éviter.
En résumé
Ce que cet article vous laisse, si vous ne deviez retenir que cela :
- Une personne sur huit développera un cancer avant 75 ans en Côte d'Ivoire.
- Une mammographie coûte 5 000 FCFA dans dix centres du pays. Appelez le 143 pour savoir lequel est le plus proche.
- Le vaccin HPV est gratuit. Si vous avez une fille de 9 ans ou plus, demandez-le.
- Le cancer n'est pas couvert par la CMU. Un traitement complet se compte en millions de francs.
- Diagnostiqué tôt, le cancer du sein se guérit dans 85 % des cas au CNRAO. La prostate dans 93 %. Le col dans 88 %.
- 97 % des femmes diagnostiquées d'un cancer du col ne se pensaient pas à risque. C'est le chiffre qui devrait vous faire décrocher votre téléphone.
Le dépistage ne protège de rien en soi. Il ne fait qu'une chose : il déplace le moment du diagnostic. Mais entre 85 % de chances et 63 %, c'est exactement ce déplacement qui compte.
Pour aller plus loin :
- Se soigner en Côte d'Ivoire : CMU, hôpitaux et coûts réels
- Abidjan 2026 : guide complet du District Autonome
- Les 111 villes de Côte d'Ivoire : le guide complet
Sources : Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/OMS) — Global Cancer Observatory, fiche Côte d'Ivoire, Globocan 2024 (incidence, mortalité, répartition par localisation et par sexe, risque cumulé, méthode d'estimation) ; Ministère de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture Maladie Universelle — lancement d'Octobre Rose 2025, sites de mammographie et tarifs ; Ministère de la Santé — Octobre Rose 2026 ; Ministère de la Santé — lancement de Janvier Sarcelle et Plan national d'élimination du cancer du col 2025-2030 ; Ministère de la Santé — campagne nationale de vaccination contre le HPV, avril 2025 ; Ministère de la Santé — construction du CNROM à Grand-Bassam ; Ministère de la Santé — formation à la détection précoce du cancer de la prostate ; Ministère de la Santé — modèle du CNRAO présenté à l'AIEA ; AIP — plus de 20 000 nouveaux cas de cancer en 2024 selon le PNLCa ; AIP — enquête sur le cancer du col de l'utérus, données RECOCI et témoignages ; AIP — taux de survie du CNRAO ; AIP — inauguration de l'Institut européen de cancérologie de Bingerville et témoignage de Sery Pka ; AIP — Octobre Rose 2026, conférence de presse de la COLCC et mammographe mobile ; AIP — annonce du fonds pour les cancers et grandes pathologies ; AIP — décret créant le Fonds national de lutte contre les maladies et les urgences épidémiques ; AIP — plaidoyer pour l'intégration du cancer au panier de soins de la CMU ; AIP — âge et fréquence du dépistage selon le PNLCa ; AIP — validation des tests HPV et de la thermoablation, planification budgétisée ; AIP — système de navigation des patients ; Fraternité Matin — 8e édition d'Octobre Rose des Rotary Clubs. Données au 4 octobre 2026.