The Big Four en 2026 : Deloitte, PwC, EY, KPMG — qui sont-ils vraiment ?
Deloitte, PwC, EY et KPMG : 220 milliards de dollars de CA cumulé, 1,5 million de collaborateurs… mais aussi des amendes record, des scandales et des vagues de licenciements en 2024-2025. Le guide complet, mis à jour pour 2026.

The Big Four, ou les « Quatre Grands » en français, désignent les quatre plus grandes sociétés d'audit et de conseil au monde : Deloitte, PwC (PricewaterhouseCoopers), Ernst & Young (EY) et KPMG. Reconnues pour leur excellence en comptabilité, conseil financier et stratégie, elles opèrent dans plus de 150 pays et emploient à elles seules plus d'1,5 million de professionnels.
Dans cet article, on va voir ce que sont vraiment les Big Four en 2026, leurs chiffres actualisés, pourquoi elles sont (encore) considérées comme les meilleures de leur secteur, comment intégrer leurs équipes — et aussi pourquoi 2024-2025 a été l'une de leurs années les plus difficiles (scandales, amendes record, licenciements massifs).
Qui sont les Big Four ?
Les Big Four sont des multinationales géantes des services professionnels. Leurs positions dans le classement peuvent varier d'une année à l'autre, mais le quatuor de tête est resté inchangé depuis plus de deux décennies : Deloitte, PwC, EY et KPMG.
Classement mondial par chiffre d'affaires (FY 2025)
| # | Cabinet | CA mondial FY 2025 | Effectifs mondiaux |
|---|---|---|---|
| 1 | Deloitte | 70,5 milliards $ | ~470 000 |
| 2 | PwC | 56,9 milliards $ | ~364 000 |
| 3 | EY | 53,2 milliards $ | ~406 000 |
| 4 | KPMG | 39,8 milliards $ | ~276 000 |
| Total | ~220 milliards $ | ~1,5 million |
Pour 2025, Deloitte conserve la première place par revenu et par effectifs. À noter : EY a plus de personnel que PwC, mais génère moins de revenus — un signal sur la pression sur les marges du segment audit/conseil.
Après les Big Four, on retrouve d'autres grands cabinets très réputés : Accenture, Mazars, BDO, Grant Thornton, ainsi que les MBB du conseil pur (McKinsey & Company, Boston Consulting Group, Bain & Company).
Les métiers couverts
Bien que leur spécialité d'origine soit l'audit et la comptabilité, les Big Four interviennent aujourd'hui sur :
- Conseil en gestion et stratégie
- Fiscalité (Tax)
- Transactions et M&A (rachats / fusions)
- Conseil juridique
- Transformation numérique et IA
- Cybersécurité
- Conseil ESG et développement durable
Chacune de ces firmes accompagne des entreprises de toutes tailles, des gouvernements, des ONG, des fonds d'investissement, des startups.
Pourquoi sont-elles considérées comme les meilleures de leur secteur ?
Plusieurs raisons expliquent leur position de leader :
- Couverture mondiale : présence dans 150+ pays, ce qui leur permet de servir des clients multinationaux avec une expertise locale.
- Réputation institutionnelle : leurs avis et certifications d'audit sont reconnus comme la référence par les régulateurs, les marchés financiers et les investisseurs.
- Formation de très haute qualité : un passage dans un Big Four est presque toujours un accélérateur de carrière, valorisé par la suite chez les recruteurs.
- Portefeuille clients massif : ils auditent ou conseillent une part énorme des entreprises du Fortune 500.
- Capacité d'investissement : centaines de millions de dollars investis chaque année en outils, en IA générative et en formation interne.
Les salaires en France (2025)
C'est l'un des autres facteurs d'attraction. Les grilles ont sensiblement évolué depuis 2023, notamment sous l'effet de l'inflation et de la guerre des talents avec les MBB et les fintechs.
| Grade | Fourchette annuelle brute |
|---|---|
| Junior / Analyst (bac+5, sortie d'école) | 42 000 € – 55 000 € |
| Senior Consultant (3-5 ans) | 70 000 € – 100 000 € |
| Manager | 90 000 € – 130 000 € |
| Senior Manager / Director | 130 000 € – 200 000 €+ |
| Partner / Associé | 300 000 € – 1 000 000 €+ |
Au niveau junior en France (2025), les écarts entre cabinets se sont resserrés mais ne sont pas nuls : Deloitte démarre autour de 42 000 €, EY autour de 45 000 €, PwC à 46 000 € et KPMG dépasse parfois les 48 000 €. Les augmentations annuelles sur les 3-5 premières années peuvent facilement atteindre 10 % par an — bien au-dessus de ce qui se pratique dans le reste du secteur.
À titre de comparaison, dans les MBB (McKinsey, BCG, Bain), un consultant junior démarre entre 75 000 € et 90 000 € brut annuel, avec des bonus de 15-20 % sur le salaire de base.
Comment intégrer les Big Four ?
D'emblée, tout le monde peut postuler, mais l'intégration reste très sélective.
L'école d'origine compte encore beaucoup en France et dans la francophonie : les diplômés des écoles polytechniques, des grandes écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESCP, EM Lyon, EDHEC) et de certaines universités de premier plan (Dauphine, Paris 1) ont un net avantage à la sélection.
Si vous avez déjà travaillé dans un Big Four, vos chances d'être recruté par un autre augmentent significativement — les profils circulent beaucoup entre les quatre cabinets.
Voici les étapes clés pour viser un poste :
- Éducation : un diplôme en comptabilité, finance, économie, gestion ou ingénierie est attendu. Pour les profils tech, un diplôme d'ingénieur ou un Master en informatique fonctionne très bien (en particulier pour les pôles Risk Advisory, Cyber et Data).
- Stage de fin d'études : c'est la voie royale. La plupart des juniors sont recrutés à la sortie de leur stage de fin d'études.
- Réseautage : événements de recrutement, forums entreprises de votre école, alumni LinkedIn — les Big Four investissent énormément dans leur marque employeur.
- Postuler activement : les offres tournent en permanence sur les sites carrière des cabinets et sur LinkedIn.
- Préparer les entretiens : entretien fit + tests de personnalité + cas pratiques + entretien partner. Le processus complet peut durer 4 à 8 semaines.
Processus de recrutement
Comptez 3 à 6 mois de préparation avant de postuler sérieusement. Le process typique comporte les étapes suivantes :
- Candidature en ligne via le site carrière
- Tests en ligne : logique, anglais, parfois Excel et raisonnement quantitatif
- Premier entretien (RH) : motivation et parcours
- Entretien manager : compétences techniques et fit
- Étude de cas : sur un cas réel ou semi-réel, à résoudre en 30 min à 1 heure
- Entretien partner / associé : décision finale
- Offre : la négociation est possible mais reste encadrée par la grille interne
Commencer en amont vous donne le temps de préparer les cas, de muscler votre CV (certifications, projets, expérience associative) et de construire votre réseau dans le cabinet visé.
2024-2025 : un tournant difficile pour les Big Four
L'image lisse des Big Four a beaucoup souffert au cours des deux dernières années. Trois phénomènes se cumulent :
1. Une série de scandales et d'amendes record
- PwC Chine : amende record de 62 millions de dollars et suspension de 6 mois en septembre 2024, après que le cabinet ait raté des milliards de revenus frauduleux dans son audit du promoteur immobilier Evergrande, qui s'est effondré en 2021.
- KPMG Pays-Bas : amende record de 25 millions de dollars infligée par le régulateur américain PCAOB en 2024 pour un système organisé de triche aux examens internes étalé sur cinq ans, et pour avoir menti au régulateur sur sa connaissance des faits.
- Deloitte, PwC et EY (Pays-Bas) : amendes cumulées de 8,5 millions de dollars en 2025 dans le même scandale de triche aux examens internes (Deloitte et PwC : 3 M$ chacun, EY : 2,5 M$).
- UK : sur les cinq dernières années, le régulateur britannique FRC a infligé plus de 100 millions de livres d'amendes cumulées aux Big Four.
- EY Canada : poursuivi pour 1,4 milliard de dollars pour ne pas avoir détecté la fraude chez le prêteur Bridging Finance, qui s'est effondré.
À elle seule, la période 2020-2024 a vu 28 amendes multi-millions infligées aux Big Four, contre 4 sur la période 2014-2019 — soit 7 fois plus en seulement quelques années.
2. L'échec du split d'EY (Project Everest)
EY a tenté entre 2022 et 2023 de séparer ses activités d'audit et de conseil pour résoudre ses conflits d'intérêts structurels. Le projet, baptisé Project Everest, s'est effondré en avril 2023 quand les associés américains s'y sont opposés, craignant une baisse de leurs revenus. Depuis, aucun des quatre cabinets n'a osé tenter à nouveau l'opération.
3. Vague de licenciements massive (2024-2025)
Sous la double pression de la baisse de la demande de conseil et de l'automatisation par l'IA générative, les Big Four ont annoncé une série de plans sociaux inédits :
- PwC US : 1 500 postes supprimés en mai 2025 (env. 2 % des effectifs US), s'ajoutant aux 1 800 postes déjà supprimés en septembre 2024.
- KPMG US : 330 postes supprimés en novembre 2024 (env. 4 % de l'effectif d'audit). En UK, 600 postes supprimés en parallèle.
- Deloitte UK : jusqu'à 180 postes dans l'advisory, après une vague antérieure de 800 postes dans le consulting.
- EY UK : nouvelle vague de licenciements de partners, fusion de plusieurs business units régionales.
Le message implicite : l'IA générative est en train de rationaliser le travail des juniors (revue de documents, rédaction de rapports, premières analyses de risques), ce qui réduit mécaniquement le besoin d'effectifs côté audit et conseil.
Conclusion : faut-il toujours viser les Big Four en 2026 ?
Oui — mais en allant les chercher avec lucidité.
Les Big Four restent les meilleures écoles du monde en matière d'audit, de conseil et de finance. Y entrer, c'est s'offrir une formation accélérée, un réseau international, et un CV qui ouvre quasiment toutes les portes par la suite (corporate, banques d'affaires, startups, fonds d'investissement).
Mais le contrat implicite a changé :
- La stabilité d'emploi n'est plus garantie — les vagues de licenciements 2024-2025 ont montré que personne n'est intouchable.
- L'IA générative transforme le métier en profondeur — les juniors qui réussiront sont ceux qui apprendront à piloter l'IA plutôt qu'à faire le travail qu'elle automatise.
- La réputation institutionnelle n'est plus aussi intouchable qu'avant : scandales de triche, amendes record, conflits d'intérêts non résolus.
Pour celles et ceux qui visent une carrière dans la comptabilité, la finance, le conseil ou la tech d'entreprise, les Big Four restent un excellent tremplin. Mais préparez-vous à les utiliser comme un accélérateur de 3 à 5 ans, pas comme une carrière à vie — c'est désormais l'approche dominante chez les jeunes diplômés.
Sources
- Big 4 Consulting Firms 2026 — Road to Offer
- Big Four accounting firms revenue 2025 — Statista
- Top 10 Accounting Firms In The World — Big 4 Accounting Firms
- Big Four firms fined over exam cheating scandal — Accountancy Age
- Big Four fined more than £100 million by FRC over five years — Consultancy UK
- Big 4 Layoffs in 2025 — NCS Corp
- Salaires consultants stratégie 2026 — ScolaConsult
- Consulting Salaries in France 2025 — PrepLounge